​​Une reconversion en accord avec ses valeurs
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Vous avez certainement rencontré en passant à La Lieude, une silhouette qui déambule sur les hauteurs suivi par un troupeau de brebis ou encore à Malavieille, ce même troupeau broutant dans les vignes gardées par des chiens… apparemment sans présence humaine.
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Et vous vous êtes demandé : qui fait ça ? Comment ? Pourquoi ?
Ce n’est pas une toute nouvelle méthode de pastoralisme mais la reprise d’un procédé ancestral d’agropastoralisme : le pâturage cent pour cent plein air toute l’année.
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Cette technique existe depuis la révolution néolithique qui fut à l’origine de l’invention de l’agriculture.
Historiquement très répandu dans les régions les moins fertiles, ce procédé se répand dans les zones à faibles pluviométrie mais aussi dans les zones où le climat est rude.
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Laura Gilbert qui était secrétaire de mairie opta pour une vie plus en accord avec elle-même.
Elle choisit les grands espaces et les relations privilégiées avec ses animaux.
Elle devient bergère herbassière transhumante : c’est à dire qu’elle n’exploite ni terres ni bergerie et fait paître son troupeau au gré de l’herbe en accord avec les propriétaires privés, agriculteurs et communes.
Le troupeau est constamment en mouvement dans le but de trouver de nouveaux pâturages depuis les terres du Salagou jusqu’aux champs en Grand Orb.
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Basée à Pézènes-les-Mines, Laura possède un cheptel de 300 brebis allaitantes, notamment les brebis rouge du Roussillon qui arpentent les vignes, bois, garrigues ainsi que le site photovoltaïque de Pézènes et Bédarieux.
Elles sont rustiques, habituées à toutes conditions climatiques et à ce rythme de vie.
Elles ne consomment pas de compléments ni d’antibiotiques.
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Les agneaux restent sous la mère jusqu’au sevrage qui se fait naturellement en mangeant comme les grands.
Ils sont très peu gras car ils développent leurs muscles en gambadant librement toute la journée.
Des jumeaux sont nés début 2025.
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Les chiens de protection à la stature impressionnante sont instinctivement investis dans leur rôle de gardien.
Ils sont là pour protéger le troupeau des attaques de loups, chiens errants, renards et des vols.
Mieux vaut ne pas s’approcher des filets de protection.
Personne, ni animal, ni humain ne doit perturber les brebis.
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Cette technique agro-viti-pastorale se fait sans mécanisation et entraîne un bilan carbone neutre voire positif.
De plus, elle présente un intérêt éco-paysager pour l’entretien des milieux ouverts, la fertilisation des sols par les excréments, la limitation des risques d’incendie et la préservation des ressources naturelles car il n’y a pas de surpâturage.
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Les terres récupèrent d’une période de pâturage à la suivante.
Les déjections, rapidement piétinées, contribuent à l’amendement et au renouvellement des sols.
Le viti-pastoralisme est un partenariat gagnant / gagnant avec le viticulteur dans sa démarche de production biologique.
Au moment où nous nous posons la question de manger moins de viande, il est pertinent de savoir que l’on peut manger mieux, local, en respectant l’environnement et en se fournissant directement chez les producteurs.
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Sources : Article Midi-libre
Entretien particulier avec Laura
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Photos : Laura la Bergère
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


















​​Acharnement et résilience
Lionel et Jocelyne Delage décident de quitter la région parisienne et de changer de vie.
Née en 1947, Jocelyne est élevée par sa grand-mère dans la campagne jurassienne dans de rudes conditions : la maison est sans commodités et il faut participer aux travaux comme l’égrenage du maïs, entre autres.
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Les soirées étaient animées grâce aux histoires racontées par les adultes.
Ce départ dans la vie affirma certainement le caractère déterminé, la volonté inébranlable et la sensibilité de Jocelyne.
Le couple connaissait la région pour y avoir séjourné pendant les vacances avec leurs deux enfants, notamment à Octon.
C’est dans la revue "Le chasseur français" que Jocelyne et Lionel trouvent, en 1978, une propriété vendue par Mr Bérard sur la commune de Salasc, juste à la lisière de Mérifons : les Vaillergues se composent d’une bergerie en ruines et de 17 ha de terre (actuellement, gîte de la Vache Rouge).
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L’idée est d’élever des chèvres. Le troupeau est constitué avec difficultés.
Le froid et un virus ont eu raison de tous les nouveau-nés.
La chèvrerie est construite en préfabriqué.
À force de ténacité, le cheptel atteindra 200 chèvres dont 150 à la traite.
Le lait est vendu à une laiterie qui ferme en 1982.
L’ami du couple, Henri Cartayrade, habitant Octon, conseille de proposer des repas à la ferme.
Jocelyne obtient le diplôme requis et la Chambre d’Agriculture valide le label "ferme- auberge".
Dans cet environnement sauvage proche du lac du Salagou, la ferme-auberge trouve sa clientèle.
Une cuisine de terroir (pâtés, gratins de pomme de terre, haricots, viandes et fromages de chèvre) dans une salle au décor rustique ravit les locaux et les touristes.
Avec l’aide de son ami, Lucien Poujol, Jocelyne cultive et récolte les légumes servis aux repas.
Dans un premier temps il fallait aller chercher l’eau à la fontaine de Salasc ou d’Octon.
Finalement, un forage à 47 mètres résolut le problème crucial de l’alimentation en eau.
La ferme reçoit des randonneurs, des visiteurs en voiture, en autobus, avec des ânes bâtés.
Très vite des chambres complètent l’auberge.
Les gens n’hésitent pas à dormir dans la paille quand l’unique gîte est occupé.
De nombreuses célébrités ( Pagnol fils, Nougaro, troupe d’acrobates chinois, chorale russe…) fréquentent la ferme comme le ministre du commerce et des transports, Charles Fiterman, qui deviendra l’ami de la famille.
L’équipe de Paul Préboist tourne un film à Salasc en 19XX.
Moyennant un prix raisonnable, Jocelyne fournit les repas pendant deux semaines.
Cette opportunité permet de construire un gîte.
Jocelyne propose des circuits touristiques en autocar.
L’activité de camping à la ferme s’ajoute à celle d’auberge campagnarde.
Le succès est là, soixante personnes renseignées par le bouche à oreille réservent les repas régulièrement.
Durant dix-huit ans, Jocelyne est aidée en cuisine par sa maman, Mme Derouet, et par ses enfants en salle, assurant le service midi et soir.
L’auberge campagnarde est vendue en 2000.
En marge de l’auberge, Lionel élève des chevaux.
La famille s’installe à Mas Canet où elle achète des terres à Mr Boutibone pour construire une maison.
Un forage (qui sera cédé plus tard à la commune) permet l’alimentation en eau d’irrigation.
Ce courageux projet familial s’accompagne d’une implantation définitive de la famille.
Jocelyne s’investit également au sein du conseil municipal de Salasc où elle fut élue pendant deux mandats et participa, entre autre, à la création du foyer rural et du marché.
Actuellement, Lionel (fils de Jocelyne et de Lionel) exploite une scierie à Mas Canet, poursuivant la participation active de ses parents au développement économique du territoire.
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Source : communication personnelle de Jocelyne Delage
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons

Evêque de Lodève de 949 à 1006
La date, le lieu de sa naissance ainsi que le nom de son père sont inconnus.
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Selon le textes :
- il serait né dans un humble moulin au bord du Lignous à Mérifons.
- sa mère se nommerait Eustorge ou Biligarde et serait fille d’un comte de Substention ou de Maguelone.
Aucun acte ne permet de confirmer ces hypothèses.
Dans son testament daté de 988, il parle de ses frères Pons et Aranfred, de son neveu André et d’Emme, sa proche parente et se dit co-seigneur d’une terre de Roquefeuil relevant des comtes de Nîmes.
Ce testament, fait à l’occasion d’un voyage, donne des indications sur le diocèse ( églises, paroisse, etc.).
Sa mère l’avait mis sous la protection et la discipline de l’évêque Thierri de Lodève.
Il est nommé évêque de Lodève en 949, fonction qu’il occupe durant 57 ans jusqu’à son décès en 1006.
Depuis sa création en 420, l’évêché de Lodève (un des plus vieux de France) n’a pas connu un évêque aussi dynamique et aussi charismatique que Fulcran (Foucran en patois).
Il fait édifier la deuxième cathédrale romane de Lodève dédiée à Saint Genies d’Arles qui porte aujourd’hui son nom.
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Vers 1200, une première "Vie de Saint Fulcran" est rédigée par Pierre de Millau à la demande de l’évêque Raymond de Montpellier.
Le culte de Saint Fulcran est approuvé par le pape Nicolas IV (pape de 1288 à 1292).
Un siècle plus tard, l’évêque Bernard Guy écrit une deuxième "Vie de Saint Fulcran".
À cette époque, les Franciscains spirituels et leur mouvement les Béguins sont combattus par l’Église qui craint la propagation d’une nouvelle hérésie.
En juillet 1573, lors des guerres de religion, le corps de Saint Fulcran, resté intact, est sorti de sa châsse, traîné dans les rue de la ville et dépecé par les protestants menés par Claude de Narbonne comte de Faugères et de Lunas.
Quelques morceaux vont être récupérés et placés dans un reliquaire en 1651.
À cette date, l’évêque Bosquet écrit en français une troisième "Vie de Saint Fulcran".
Aucune de ces trois "Vie de Saint Fulcran" ne mentionne ni le lieu de naissance, ni Mérifons.
Lors d’une visite pastorale en 1636, l’évêque Plantavit de la Pause écrit à propos de Lignous : « les masages et métairie de Lignous dont on croit que Saint Foucran a pris sa naissance... »
Aucun autre document n’évoque cette hypothèse.
Le dernier évêque de Lodève, Monseigneur de Fumel, relance le culte de Saint Fulcran et vient à Mérifons (pour sermonner Etienne Dufau) mais ne parla pas, non plus, de cette naissance.
En 1790, les cinq responsables religieux de Agde, Béziers, Lodève, Montpellier et Saint Pons de Thomières sont rassemblés au sein du diocèse de Montpellier.
Durant la tourmente de la Révolution, les reliques de Saint Fulcran sont mises à l’abri en 1794 par les fidèles.
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Suite au Concordat de 1801 et la loi sur les cultes promulguée en 1802, l’évêque de Montpellier Monseigneur Rollet se rend à Lodève en 1805 pour récupérer les reliques qui seront placées dans un nouveau reliquaire en 1808, œuvre de l’orfèvre montpelliérain Xavier Louis Dantis (1766-1836).
En 1805, Monseigneur Rollet commande au peintre montpelliérain François Matet (1750-1834) un tableau "Le miracle de Saint Fulcran".
Deux siècles après la citation de l’évêque Plantavit de la Pause en 1636 au sujet de Lignous, le cadastre de 1827 mentionne une "une chapelle" construite sur la propriété de Amédée de Mostuejouls, seigneur de Malavieille.
La construction de cette chapelle est une initiative privée d’un ultra-royaliste et fervent catholique s’appuyant sur la vague de renouveau de la dévotion à Saint Fulcran impulsée par Monseigneur Rollet et poursuivie par son successeur, Monseigneur Fournier.
Peut-être a-t-il voulu racheter la faute de son ancêtre, Claude de Narbonne, co-seigneur de Malavieille qui soutint le dépeçage du corps de Saint Fulcran en 1573 ?
Le choix d’un lieu aussi modeste comme lieu de naissance ne rappelle-t-il pas la vie de Jésus ?
Ainsi, la naissance de Saint Fulcran serait bien une légende née au 19ème siècle attestant l’importance accordée par ses fidèles à Saint Fulcran, patron religieux incontesté du Lodévois.
Tous les soirs, depuis 1000 ans, avant l’angélus, le glas de la cathédrale de Lodève qui porte son nom sonne treize coups en mémoire de ce grand saint.
Quant au patronyme et prénom "Fulcran"
En tant que patronyme, Fulcran a donné Fulcrande ( Foulcrande en patois ) porté par des habitants de La Lieude :
- Naissance de Catherine Foulcrande fille de André Foulcrande de La Lieude.
- Naissance de Catherine Vailhe fille de Anne Foulcrande et de Jean Vailhé.
En tant que prénom, le premier personnage connu portant le prénom de Fulcran est le fils de Gaspard du Bosc, seigneur du Bosc et de Malavieille.
Entre 1671 et 1789, quatre nouveaux-nés se prénomment Fulcran : Poujol (1671), Vailhé (1687), Vergnes (1736) et Vailhé (1766).
Entre 1820 et 1933, on trouve une dizaine de nouveaux-nés portant Fulcran en premier prénom : Rocassels (1820), Gros (1830), Vergnes (1845) et Messine (1933), soit une quinzaine de Fulcran en trois siècles.
La construction de la chapelle de Lignous vers 1820 n’aurait-elle pas relancé la mode du prénom Fulcran ?
Quant à l’origine du prénom "Fulcran"
On retrouve dans la lignée de Fulcran un indice anthroponymique fort : le nom Fulguald ( fulk signifie peuple et wald signifie gouverner) qui a donné : Fulcoal, Fulkrad ( rad signifie conseil), Fulcrade, Foucaud, Fulcran.
C’est un marqueur anthroponymique qui suggère les Raymondins, grande famille dont sont issus les comtes de Toulouse.
Source : Richard Bavoillot-Laussade
Claudie Duhamel-Amado
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons​


​​Seigneur de Malavieille et du Bosc
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La famille du Bosc est une famille noble française originaire de Rouen en Normandie.
Guillaume du Bosc (1350-1409) fut anobli en 1406 par lettres du roi Charles VI en remerciements de services rendus.
Cette famille s’est éteinte en 1847.
Gaspard (-1688), vicomte du Bosc, est le fils de Pons de Clermont du Bosc (1593-1621) et de Delphine de Montfaucon (1595-).
Sa sœur, Anne (-1649) est à l’origine de la lignée des seigneurs de Malavieille.
Il épouse Jaquette de Roquefeuil (1613-1676) avec qui il a un fils, Fulcran (1638-1715).
La famille de Roquefeuil existe depuis les 10ème et 11ème siècles.
Fulcran n’était donc pas seigneur de Malavieille.
Cependant, le geste romanesque dont il fit preuve et sa grande détermination à épouser Charlotte, qui avait 14 ans de moins que lui, mérite un détour.
Charlotte de Calvières, orpheline avant ses six ans, fut confiée au couvent des Ursulines de Montpellier.
Elle bénéficiait d’ une immense dot et une nuée de prétendant afflua pour demander sa main.
Gaspard du Bosc était prêt à tout pour marier son fils Fulcran, un garçon gauche et lourdaud.
Une action spectaculaire se prépare.
Le récit qui suit figure aux archives du château d’Hauterive à Castres :
« Fulcran du Bosc, fils de Gaspard du Bosc, seigneur de Malavieille, étonna ses contemporains par sa folle entreprise.
Âgé de vingt-cinq ans et non encore marié, il se mit à la recherche d’une riche héritière mais où la trouver ?
On dut lui parler de Charlotte de Calvières, mais l’enfant n’avait que onze ans et de plus elle était pensionnaire chez les Ursulines de Montpellier.​
Nul ne pouvait donc songer à la marier.
Ne pouvant obtenir de bon gré la riche demoiselle Fulcran résolut d’employer la force.
Il fit une première tentative en secret pour s’en emparer.
La première tentative d’enlèvement échoua grâce à la vigilance de l’abbé de Psalmody.
Quelques mois plus tard le vicomte du Bosc appuyé par quelques gentilshommes et valets armés fit jeter dans un carrosse la fillette âgée de onze ans et la fit conduire au château familial.​
Voulant rentrer en possession de sa pupille l’abbé de Psalmody déposa une plainte devant le parlement de Toulouse.
La cour condamna les coupables à être roués vifs.
L’intendant Bezon interrogea la jeune fille qui affirma avoir suivi volontairement le vicomte du Bosc et refusa de retourner chez les Ursulines.
Un mariage fut célébré en 1666 qui ne pouvait plus être taxé de nullité puisque Mme de Clermont avait atteint l’âge de douze ans, âge légal.​
Malgré cette régularisation les du Bosc remirent Charlotte à son tuteur que toutes ces émotions avaient bouleversé et qui mourut subitement.
Charlotte était rendu à son seigneur et maître.
Il était temps car un nom était indispensable à l’enfant qui allait naître : Philippe de Guilhem de Clermont du Bosc ».
Fulcran et Charlotte eurent un garçon : Philippe Joseph (1664- ) baron d’Hauterive et quatre filles ( Jeanne, Marie Guilhem, Rose Guilhem et Jaquette Guilhem).
Sources : Claude de Vic et Joseph Vaissette, "Histoire générale du Languedoc"
Juliette Benzoni, "Les Femmes du Grand Siècle , mariage mouvementé de Charlotte de Calvières"
Revue historique (1893) "Un procès criminel au XVIIème siècle" par P. Dupuich.
Gérard Hubert-Richou, "La captive amoureuse", roman.
Brigitte Saint Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons

​Un mérifonois décoré de la Légion d’Honneur
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​​Né le 6 décembre 1871 à Mérifons.
Son père, Rocassel Etienne (propriétaire) est né à Salasc le 20 juillet 1811 et mort à Mérifons le 19 janvier 1872.
Sa mère, Bessière Joséphine Stéphanie (cuisinière) est née le 3 septembre 1829 à Salasc.
Etienne s'est marié deux fois : En 1933 avec Pralon Marie Marcelle et en 1904 avec Narme Clémence (1881 - 1929).
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Il est :
- Négociant en vins à Egreville (Seine et Marne) depuis 1894.
- Elu conseiller municipal en 1904 puis conseiller général en 1925.
- Le fondateur et le président du syndicat intercommunal d’électricité (29 communes).
- Nommé chevalier de la Légion d’honneur le 2 août 1950 et officier d’académie en 1935.
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Il exerce aussi les fonctions de juge de paix et de président de l’harmonie.
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​Sources : Laurent Virenque (2021) communication personnelle
Ministère de la Culture : base Léonore
Pierres vives : registres matricules départementaux
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Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


​​Premier propriétaire de Malavieille
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Amédée de Mostuejouls est issu d’une famille de noblesse chevaleresque attestée depuis 1225, originaire du Rouergue ( actuel département de l’Aveyron).
Les "de Mostuejouls" ont occupé des charges civiles (un sénéchal, deux députés et deux pairs de France) et religieuses (prêtres, curé, prieur, cardinal et chanoinesse de Remiremont).
Le plus illustre, le cardinal Raymond de Mostuejouls (1280-1335) en place au temps des papes en Avignon combattit les Franciscains spirituels.
Il est enterré sous le portique de l’abbaye de Saint Guilhem le Désert.
Le vicomte Amédée de Mostuejouls est né le 9 juillet 1777 au château de Mostuejouls et décédé le 2 novembre 1855 à Pouzols au château de Larcade à l’âge de 78 ans.
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Son père, Jean-Pierre de Mostuejouls (1721-1805) est marquis de Mostuejouls, aide de camp du Prince de Clermont et lieutenant d’infanterie au régiment du roi.
Sa mère est Adelaïde Le Filleul de la Chapelle (1745-1823).
Il se maria en 1802 avec Henriette de Grandsaigne d’Hauterives (1780-1839), dernière seigneuresse de Malavieille.
Ils eurent deux filles et trois garçons.
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Il fut député de l’Aveyron (1827-1830).
Il soutient Polignac (conspirateur sous le premier empire) et émigre durant la Révolution Française.
Il est chevalier de l’ordre de la Légion d’Honneur.
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Le couple possède le domaine de Malavieille mais réside au château de Larcade à Pouzols avec sa famille.
Amédée fait partie des ultra-royalistes qui reconnaissent le caractère sacré de la royauté et une politique gouvernementale monarchique s’appuyant sur la noblesse.
Les ultra-royalistes rejettent la légitimité du roi des français, Louis-Philippe et souhaitent un retour de la monarchie.
Les opinions du vicomte sont très bien exposées dans une lettre adressée à son voisin (habitant de Pouzols) datée du 30 août 1832 dans laquelle l’auteur explique les raisons du refus de participer à une fête :
« Monsieur cher voisin, j’ai appris hier seulement que mes enfants, avec une légèreté peut être excusable à leur âge et sans me consulter avaient cru pouvoir promettre (se rendre) chez vous pour la représentation d’une petite pièce de comédie proposée par Messieurs Pastourel et Berrand, ces messieurs ont été si honnêtes si empressés pour ma famille et pour moi que c’est avec un bien vif regret que je viens contrarier la complaisance qu’ils voulaient bien mettre pour amuser mes enfants mais je vous demande, mon cher voisin, sommes nous en position de nous livrer en plaisir lorsque nos amis sont jetés dans les cachots de la Vendée, lorsque ceux qui partagent nos opinions sont poursuivis dans les rues, égorgés sur les places publiques, lorsque nos princes sont dans l’exil, lorsque la mère de notre roi erre dans les forêts et ne trouve peut-être pas de quoi reposer sa tête, je vous le demande encore pouvons-nous nous livrer à ce plaisir, vous ne le pensez pas, mon cher voisin, vous comprenez trop bien ma pensée, je ne vous en dit pas davantage, veuillez bien vous charger de communiquer ma lettre à ces messieurs faisant leur agréer mes excuses en les assurant de ma bienveillance et de ma vive reconnaissance pour tous les soins qu’ils se sont donné pour nous, c’est pour moi une peine réelle de les contrarier aujourd’hui dans leur projet, mais j’en suis, ils comprendront, l’essentiel de mes motifs et me rendront justice.
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Veuillez encore, mon cher voisin, faire agréer mes hommages à vos dames et me croire votre bien dévoué serviteur et ami ».
Henriette décède en 1839 et Amédée en 1855. Leurs enfants décèdent au château de Larcade.
Amédée fit édifier la chapelle Saint Fulcran vers 1810-1820 près des ruines d’un moulin au bord du Lignous (cette chapelle fut restaurée par le nouveau propriétaire, Mr Rossignol, docteur en médecine et maire de Mérifons).
Sources : Wikipédia
Assemblée nationale MOR
Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons

​​Passionné de photographie et d’astronomie
Gustave Tramblay est né à Paris en 1855 et décédé en 1918 de la grippe Espagnole.
Après des études littéraires et de droit (niveau licence) il est nommé receveur-contrôleur au ministère des finances à Paris.
Il poursuit sa carrière dans cette administration dans les Alpes maritimes puis dans l’Hérault.
Son grand-père et son oncle maternels exerçaient déjà cette fonction.
En 1881, il épouse à Clermont l’Hérault, Augustine Rey (fille d’Auguste Rey, notaire).
Ils ont trois enfants dont leur fille, Yvonne, qui fondera la branche propriétaire à Mas Canet et Villetelle.
La famille s’installe à Montpellier où Gustave débute sa carrière d’industriel.
En effet, à partir de 1898, l’association des familles Rey et Tramblay fonde une manufacture de lits en fer destinés aux hôpitaux.
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Ses convictions républicaines et sociales l’amenèrent à la mise en place, avec son beau-frère, d’un programme social en faveur du personnel comme l’accession des employés aux bénéfices, l’instauration de la journée de 8 heures dès 1908, la création de jardins potagers mis à la disposition de chaque ménage ouvrier ainsi qu'une coopérative de consommation.
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Le programme social prévu par Gustave et son associé fut interrompu par l'incendie de l'usine en juillet 1916.
Par ailleurs, la guerre interrompt le projet de construction de "maisons ouvrières".
Tout au long de sa vie, Gustave Tramblay aura la passion de l’astronomie et de la photographie.
Il participe à la création de la Société Astronomique Flammarion de Montpellier.
Ses observations, travaux et clichés s’avèrent d’une grande importance et lui donnent une notoriété nationale dans le monde de l’astronomie.
Il publia des articles dans le bulletin l’Astronomie dirigé par Camille Flammarion puis dans la bulletin de la Société Astronomique de France.
Il sera un des pionniers de l’usage de la photographie céleste et de ses nouvelles techniques dans l’astronomie.
Observateur méticuleux, il prépare ses observations en calculant les phénomènes et conçoit des graphiques séquentiels des conjonctions qui font le bonheur des lecteurs de la revue l’Astronomie, fondée par Camille Flammarion en 1882.
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Il disait :
« Une ère nouvelle, féconde en découvertes, s’est ouverte dans l’œuvre de toujours progressivé de l’Astronomie, le jour où la photographie a été appelée à son aide… L’imagination la plus prodigieuse ne peut deviner la grandeur des résultats qui seront obtenus par cette nouvelle méthode d’investigation... ».
Depuis 1851, la famille Rey-Tramblay qui a acquis un bâtiment à Mas Canet va y séjourner régulièrement (les parents d’Augustine y décéderont).
Gustave Tramblay fut le premier photographe amateur immortalisant les territoires de la vallée du Salagou, Mas Canet, Villetelle, Gignac, Mourèze (certainement les premières…).
Une de ses premières photo connue est datée de 1880 et représente le Planol à Clermont l’Hérault.
Il exécuta des photographies de nombreux paysages ou de personnages judicieusement mis en scène.
Ses photographies relèvent d’une part du portrait utilisé à l’époque dans l’art de vivre bourgeois mais également du témoignage social et de sa vision du monde.
Gustave Tramblay décédera en 1918 à Montpellier.
« Gustave Tramblay fut pionnier de la photographie céleste et des graphiques séquentiels de conjonctions serrées ».
À sa mémoire, une rue de Mas Canet porte son nom, hommage à son engagement social et scientifique.
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Ses descendants habitent toujours Mas Canet et Villetelle.
Sources : Famille Rollet-Bérard, communication personnelle
Etudes Héraultaises, revue 42-2012 par Jean-Michel Faidit et Christian Guiraud.
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Photos : Collection Bérard
Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


PORTRAITS
Nos célébrités locales...Â

​LES SEIGNEURS ET PROPRIETAIRES DE MALAVIEILLE
La seigneurie de Malavieille :
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- englobe les communautés d’habitants de Malavieille (diocèse de Lodève) et de Brenas (diocèse de Béziers)
- est sous la double influence des évêques de Lodève et de Béziers
- est tenue par plusieurs coseigneurs locaux détenant, chacun, plusieurs autres seigneuries.
- le ou les seigneurs n’habitent pas ou peu sur place, leurs biens sont gérés par une personne de confiance (fermier, ramonet, métayer, etc.)
​ - la transmission des parents aux enfants se fait souvent par la mère, ce qui rompt la continuité du nom de famille
- le contexte des guerres de religion explique parfois la présence de personnages extérieurs au territoire.
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La documentation concernant l’histoire et la généalogie de cette famille n’étant pas encore dépouillée, la tentative d’un récit exhaustif est risquée.
Nous pouvons, toutefois, tracer les grandes lignes de la succession des seigneurs.
Après la donation de l’église de Mérifons par la famille de Saint Fulcran aux évêques de Lodève, la seigneurie semble être sous l’influence de ces derniers.
Depuis la fin du 11ème siècle jusqu’à la fin du 13ème siècle, c’est la famille Malavieille qui détient l’autorité seigneuriale de ce territoire.
Au début du 13ème siècle, Malavieille était déjà une coseigneurie dont le seigneur dominant était probablement Amalric, comte de Narbonne.
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La dernière porteuse du nom de Malavieille est Saure, épouse de Paul de Clermont, coseigneur de Celles.
Au 14ème siècle, Malavieille est détenu par les coseigneurs Paul II de Clermont et Salomon de Faugères.
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A la fin du 14ème siècle apparaît la lignée des Clermont-Nigri ou le Noir (héritière de Paul de Clermont et de Saure de Malavieille) qui possédera Malavieille en entier ou en coseigneurie jusqu’au 17ème siècle.
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Au début du 17ème siècle, le compoix diocésain de Lodève cite Delphine de Montfaucon, veuve de Pons de Clermont du Bosc.
Ses enfants, Anne, Henry et Gaspard sont seigneurs du Bosc.
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Au même moment, on trouve un coseigneur, Guillaume de Galtier, seigneur de Malavieille et Tréjouls, et, plus tard, son fils Jean.
Guillaume pourrait avoir reçu les biens confisqués au comte de Narbonne suite à la profanation du corps de St Fulcran.
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Par Gaspard, apparaît la lignée de Roquefeuil (apparentée à Saint Fulcran).
​Par Anne, apparaît la lignée de la Treilhes de Fozières puis celle de Célier.
Bertrand Jacques de Célier gère la seigneurie de Malavieille pendant la seconde moitié du 17ème siècle.
Il achète la métairie de Lignous aux héritiers Aubouy.
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Après la mort de son père et le retrait de sa mère dans un établissement religieux, Gabrielle de Célier est représentée par son curateur, Jean François de Lercare de Calmels qui sera, désormais, le nouveau seigneur.
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Par le mariage de sa fille apparaît la lignée de Grandsaignes d’Hauterives qui parvient à conserver Malavieille malgré la Révolution.
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Au début du 19ème siècle, Henriette de Grandsaignes épouse Amédée de Mostuejouls qui devient le premier propriétaire de Malavieille après l’abolition des privilèges.
Le domaine est ensuite vendu à la famille Rossignol puis à Fulcrand Reynes d’Octon.
C’est le début du morcellement du domaine et de la transformation en hameau tel qu’on peut le voir aujourd’hui.
Sources : Le M.A.S des Terres Rouges, La commune de Mérifons, 2013
Huppé Philippe, Les seigneurs de Clermont-Lodève, 2008
Fabre Albert, Histoire de Mérifons, 1881
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoires
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons

​​​Dernier prieur de Saint Pierre de Mérifons
Protégé de l’évêque de Souillac, bête noire de l’évêque de Fumel
Etienne Dufau fut prêtre-prieur de Mérifons de 1734 à 1744 et prieur-curé de 1745 à 1788.
Sa date de naissance varie selon les sources, d’avant 1709 à 1712 et son décès après 1789.
Il est le fils d’un chirurgien établi à Ceilhes (diocèse de Béziers) puis à Lodève d’où est originaire sa femme, Marguerite Singla.
Avec son frère aîné, Jean Baptiste, il suit ses études à Béziers.
Il est tonsuré (renonciation au monde et début du parcours de prêtre) le 2 décembre 1733 à Béziers et devient prêtre le 28 mars 1739.
Les deux frères rejoignent leurs parents à Lodève et leur sœur qui a épousé le chirurgien Jean de Jouvene.
Adhérent à la doctrine janséniste et soutenu par l’évêque de Souillac, il est nommé en 1742 prêtre-prieur de Mérifons, alors petite paroisse de 30 à 35 communiants dont le seigneur, François de Célier, habite Pézenas, important centre janséniste.
Les jansénistes sont des religieux rigoristes qui s’appuient sur la doctrine de l’Augustinus parue en 1640, très vite combattue par les papes via les bulles pontificales.
La bulle Unigenitus Dei Filius de 1713 du pape Clément XI (1649-1721) est transformée en loi de l’Église et de l’État en 1730 par le cardinal de Fleury (originaire de Lodève).
Tous les ecclésiastiques doivent signer le formulaire, instrument de lutte contre le jansénisme.
Dufau est le seul du diocèse de Lodève à ne pas avoir signé la bulle Unigenitus ainsi que l’exigeait l’évêque.
A la Révolution, il refuse également de signer la Constitution civile du clergé mais figure néanmoins, sur la liste des prêtres pensionnés.
D’un caractère doux et timide, il passe pour un excellent prédicateur comme l’illustre Emile Apolis dans "Le Jansénisme dans la Lodévois" :
« Au synode diocésain de 1749, Dufau prêche en présence de Souillac, qui applaudit à son discours, jusqu’à dire publiquement qu’il a parlé en prophète.
Au cours de cette assemblée, le prélat le fait désigner pour siéger au bureau ecclésiastique du diocèse, comme représentant de l’évêque.
Ainsi, c’est par la volonté de l’évêque clairement affirmée que ce curé janséniste, pourvu d’une des plus minuscules des paroisses du Lodévois est appelé à jouer un rôle important dans le clergé diocésain » .
L’évêque de Fumel succède à l’évêque Souillac et ne partage pas les idées de son prédécesseur, au contraire, il est jésuite.
De Fumel tente de faire signer le formulaire à Etienne Dufau et à Jean Faucil (curé de Parlatges) qui refusent.
Etienne Dufau reste alors cantonné dans les limites de sa paroisse.
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Le prieur Dufau était un mathématicien en herbe et échangeait une correspondance avec Nicolas de Condorcet évoquée dans "les relations scientifiques de Condorcet".
Dans une lettre datée du 10 septembre 1777, Dufau avoue son ignorance en géométrie.
On apprend qu’il a soumis une première tentative de quadrature du cercle, restée sans réponse de l’académie.
La quadrature développée dans cette correspondance consiste en une méthode pratique, mais intelligible, pour construire un carré égal à un cercle.
Curieusement, dans cette lettre, Etienne Dufau demande qu’on lui réponde sans mentionner son nom, chez le boulanger d’Octon :
« mon adresse s’il vous plaît pour certaines bonnes raisons, à Monsieur Farrand, boulanger à Octon par Clermont de Lodève, et plus rien, sans y faire mention de moy ».
Le patronyme Farrand n’apparaît pas dans les registres paroissiaux d’Octon entre 1700 et 1772.
Le seul qui s’y apparente est celui de Jacques Ferrand, effectivement boulanger de son état.
Voilà comment un modeste curé de campagne officiant dans une des paroisses les plus petites et les plus reculées du diocèse, échangeait dans le plus grand secret, sur les mathématiques avec un des scientifiques les plus érudit de son temps tel que Condorcet.
Etienne Dufau se démet de sa cure devant notaire en 1788 et quitte Mérifons en 1789.
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Sources : Wikipédia
Francis Moreau 2015
Emile Apolis, le jansénisme dans le Lodévois
Condorcet, les relations scientifiques
Registres paroissiaux d’Octon
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Brigitte Saint Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons

Un principe directeur : maîtriser toute la chaîne de production dans une démarche
respectueuse de l’environnement.
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L’implantation de cette entreprise familiale près de l’église Saint-Pierre de Mérifons est l’exemple d’une reconversion aboutie .
Après une carrière de charcutier et de conducteur de travaux, Luc Martin, amoureux de la terre et des animaux se lance avec sa compagne Florence dans l’élevage et s’installe à la ferme de Mérifons en 2015.
Florence allie sa fonction de collaboratrice à celle de mère de famille.
Leur démarche consistant à rechercher l’autonomie ne pourrait être menée à bien sans ses quatre compétences :
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Florence et Luc sont :
- Eleveurs : leur cheptel est constitué de cochons rouges de race ancienne Duroc et de rustiques brebis rouges du Roussillon qui donnent une viande exceptionnelle.
- Engraisseurs : leurs bêtes sont élevées en plein air et sont nourries avec des céréales produites sur place dans le respect de l’environnement : Elles ne consomment ni OGM ni produits chimiques.
- Naisseurs, la reproduction se faisant par méthode naturelle.
- Transformateurs : ils réalisent eux-mêmes, sur place, la fabrication en utilisant des ingrédients sains (pas de sels nitrités, pas de colorants).
De ce fait, les produits finis répondent aux normes les plus élevées de qualité et de traçabilité.
Ils sont disponibles en vente directe sur l’exploitation et sur les marchés.
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La présence de cette ferme sur Mérifons participe à l’épanouissement économique de ce territoire.
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Sources : Reportage France3 Régions
Entretien particulier
Mathilde Bavoillot Blog "Sucré, salé"
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Photos : A.Estève - C.Rollet - Charcuterie du Salagou - Google Maps
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons






