​​Ce hameau est situé sur des terres fertiles en bordure du Salagou.
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Malavieille est mentionné dans les textes comme :
- Malvilar en 922
- Malavetula en 1098
- Malavila en 1164
- Malevieille en 1733
D’après Charles du Cange, vetula signifie "vieille femme".
Les lieux du nom de Malavieille sont quelquefois situés à côté de vestiges préhistoriques ou d’anciens lieux de culte.
Malavieille pourrait représenter une ancienne "villa" qui, pour une raison quelconque (sol médiocre ou exposition défavorable) aurait été qualifiée de mauvaise.
"villa" aurait abouti à "vielha" (signifiant vieille) qui avait, à une certaine époque, une place prépondérante dans la conscience toponymique populaire.
Le nom de lieu serait devenu un anthroponyme.
À moins que ce ne soit le terme "vieille", attesté à l’époque de la Grèce Antique, qui ait conduit à "villa" (gallo-romaine).
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Malavieille est mentionné :
comme "grange" en 1647 dans les registres paroissiaux
comme "borie" en 1660 dans les registres paroissiaux
comme "métairie" en 1665 dans les Biens nobles.
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Délaissant leur nid d'aigle inconfortable, le château fort du Castellas, les seigneurs de Malavieille viennent s'installer dans la plaine du Salagou.
La bâtisse était solide avec ses deux tours, dont une existe encore.
Sa façade sud, Renaissance, est d'un bel équilibre dans son ensemble comme dans le rapport ouvertures / masses bâties.
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Cette métairie, probablement construite par un seigneur du Bosc au 15ème siècle appartenait à la coseigneurie détenue par les familles de Faugères (en Biterrois) et de Clermont (en Lodévois).
Elle est située à la frontière des deux diocèses.
C’est un domaine agricole confié à des fermiers, le seigneur n’y réside qu’épisodiquement.
Le bâtiment le plus ancien présent au domaine est un château de style Renaissance.
Le premier fermier connu en 1655 est Raymond Poujol, époux de Catherine Palot, originaire de Salelles.
Aucun de leur trois fils ne prennent la succession.
La métairie passe successivement à tous les seigneurs de Malavieille : Clermont (ou Guilhem), de la Treilhe de Fozières, de Celier, de Grandsaignes d’Hauterive.
Au 18ème siècle le domaine est la propriété d’Amédée de Mostuejouls époux de Henriette de Grandsaignes, dernière seigneuresse de Malavieille.
Le couple et leurs enfants demeurent au château de Larcade à Pouzols.
Le compoix de 1667, dans la rubrique des biens prétendus nobles, cite la métairie de Malavieille qui comprend une maison d’habitation, une bergerie, un patu, un jardin et un pré.
En 1841 on recense la famille de Pierre Rossignol avec sa femme, un fils (médecin), deux valets de labour, deux domestiques et deux bergers.
Le recensement de 1901 mentionne pour la première fois des viticulteurs, il s’agit du père et du fils Rossignol, Albert et Joseph.
En un siècle (1840-1936) Malavieille, propriété de la famille Rossignol est devenu un hameau après 1891.
C’est probablement la culture de la vigne qui est à l’origine de la hausse de la population.
La famille Rossignol, originaire de Campagnac (Aveyron) compte des membres exerçant la profession de notaire royal puis de docteur en médecine.
Vers 1840, Pierre Rossignol, sa femme Emilie Pouget et leurs enfants s’installent au domaine de Malavieille.
De 1841 à 1891, certains membres de la famille Rossignol occupent la fonction de maire.
Une famille de ramonet s’occupe des travaux, principalement d’élevage ovin.
En 1869, les héritiers Rossignol vendent une partie du domaine à Fulcrand Reynes d’Octon.
À partir de ce moment, le domaine est morcelé se transformant en hameau.
Entre 1896 et 1936 Malavieille est habité par les familles Rossignol, Boulouys et Lacas et les familles de leurs ramonets cultivateurs.
En 1931, à 27 habitants et en 1936 à 29 habitants, Malavieille est le hameau le plus peuplé de la commune.
Actuellement, quand on évoque Malavieille, on visualise le domaine viticole exploité par la famille Bertrand-Lacas « dans le souci permanent d’élaborer un vin en harmonie avec la terre dont il est né" en conciliant le projet économique avec le respect de l'environnement.
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Sources : Charles Dufresne du Cange "Glossarium Mediae et Infimae"
Albert Fabre "Histoire de Mérifons" 1881
Archives de Mérifons
M.A.S des Terres Rouges "La commune de Mérifons"
André Soutou "Toponymie, folklore et préhistoire" 1954
André Soutou "Toponymie archéologique" 1985
André Soutou "Du Fiscus de Roque Cervière (Nébian) à La Lieude de Malavieille" Grec 61_1992
Famille Bertrand-Lacas "Domaine de Malavieille" présentation
Les amis du Lodévois "Mérifons en Languedoc", 1985
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Photos : Google Maps - Livret
Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons






Ou "le Mas de Cambous"
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​Le terme "cambou" désigne une courbe, un méandre.
Le terme "lieude" ou "leude" évoque un péage, droit qui se levait en Languedoc sur certaines voies.
Le mas Cambou marquait la limite entre le diocèse de Béziers et de Lodève.
Le hameau, aujourd’hui La Lieude, se nommait mas Cambou jusqu’au 17ème siècle.
La Lieude qui se situait non loin de là, sur la commune de Brenas, a été désertée, puis, tombée en ruine.
En 1667, le compoix de Brenas mentionne « … La Lieude ou Mas Cambou... » signe que La Lieude commence à désigner le mas Cambou qui deviendra La Lieude au siècle suivant.
Dans les registres paroissiaux : La Lieude est citée de 1622 à 1670
Mas Cambou est cité en 1676 et 1679
Dans le compoix : La Lieude est citée de 1680 à 1687
Mas Cambou est cité en 1665
Le cadastre napoléonien de 1827 ne mentionne plus que la présence de La Lieude.
En 1667, les quatre familles occupant ce lieu (Romiguière, Birouste, Vailhé et Sauvy) disposaient de maisons d’habitation, jasses, étables, casals, four, aire de battage, champs, deux vignes, une ginestière et une cambinière témoignant d’activités agro-pastorales.
Les champs (céréales et légumineuses), les moutons (jasse et casal), les légumes du potager (irrigué par le Salagou), la basse-cour et la vigne permettaient l’autosuffisance alimentaire.
Sur deux parcelles étaient cultivé le genêt et le chanvre dont on tirait des fibres pouvant être tissées en étoffe rustique. Parfois le chanvre était mélangé à la laine de mouton.
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En 1827, subsistent les familles Vailhé et Birouste.
On trouve quelques propriétaires non-résidents : Carbonel et Ribes du Bousquet, Ollié d’Octon, Teissié de Lodève, Baumel, Sabatier, Vailhé, Vergnes et Crouzat de Salasc.
On note la disparition du patronyme Sauvy.
En 1841, on recense trois familles vivant à La Lieude : Vailhé Jean avec sa fille, un fils, un valet, deux bergers et un domestique, Ollier Cyprien (époux Birouste) et son berger et Vailhé Jean dit "oncle" (époux Duguiès).
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​En 1955, monsieur Marcoral de Lunas, tombé en panne à La Lieude avec sa Juva 4 fut dépanné par Pierre Ollier.
Pour le remercier, il chercha de l'eau avec un pendule et lui indiqua l'endroit précis où forer et effectivement, un puits fut creusé à 17 mètres permettant d'avoir l'eau à la maison.
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En 2023, nous retrouvons, comme propriétaires, la famille Gâches (descendant des Birouste, Vailhé et Fromenty) et la famille Ollier (descendant des Birouste).
La Lieude est le seul hameau de notre "archipel" qui abrite la même famille (Birouste-Ollier) depuis la nuit des temps.
La Lieude, avec sa dalle paléontologique dévoile un aspect du "paléo-paysage" local, tel qu'il était il y a 270 millions d'années alors peuplé des ancêtres des dinosaures.
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Sources : Archives de Mérifons
Archives de Brenas
Communication personnelle, Pierre Ollier
Les amis du Lodévois "Mérifons en Languedoc", 1985
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Photos : Google Maps
Drone A.M.Delaisse
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


Moins qu'un hameau, une simple ferme
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Étymologiquement ce nom pourrait avoir deux origines :
- méridiana fons qui aurait donné Méridifons : source exposée au midi.
- pourrait également signifier "la propriété d’Aymeric ou Amalric" (coseigneur de Malavieille, comte de Narbonne au 12ème siècle).
Amalric proviendrait de Amal, d'origine gothique.
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Située à quelques centaines de mètres de l’église Saint Pierre, elle est davantage comparable à une ferme qu’à un hameau.
La présence d’une source a permis de fixer les habitants.
Le compoix de 1665 mentionne deux propriétaires : Barthelemy et Pierre Vernhes, fils de Antoine Vernhes qui possèdent chacun une maison et des terres.
Dans les années 1820, il y aurait eu deux propriétaires, Vernhes et Rouyre qui réside à Salasc.
D’un recensement à l’autre la population de la ferme de Mérifons change beaucoup.
À certaines dates (milieu du 19ème siècle) l’exploitant ne vit pas sur place, à d’autres en revanche, un propriétaire, un fermier ou un salarié est présent :
- Jean Carles, sa femme et ses enfants en 1861
- Joséphine Rouyre et deux domestiques en 1901
- Jules Salzon, son épouse, sa fille et son berger en 1906.
Le recensement de 1936 mentionne une maison et deux habitants, Louis et Marie Rouquette, berger originaire de l’Aveyron.
La ferme est ensuite achetée par Mr Lacas résidant à Malavieille.
Son fermier, Guy Maffre et sa femme élèvent des vaches, des brebis et des volailles notamment des pintades.
Actuellement, ce lieu est toujours une ferme exploitée avec passion par la famille Martin qui a fait le pari d’élever des bêtes de race ancienne (cochons de race Duroc et brebis rouges du Roussillon) nourries avec des céréales produites sur place.
Cette initiative perpétue dans le temps l’existence de cette ferme et le développement de son activité économique.
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Sources : Archives de Mérifons
Albert Fabre, "Histoire de Mérifons" 1881
Le M.A.S des Terres Rouges "La commune de Mérifons"
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Photos : Google Maps
Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


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​C’est le hameau le plus ancien de notre "archipel".
Il est situé entre la colline de la Boutine et le bois du Bayle qui marque la limite entre Brénas et
Mérifons.
On trouve la première mention de Pradellos (en occitan : petit prés) aux environs de l’an Mil dans le cartulaire de Gellone.
Il faisait partie de la vicaria de Salasc (981-1031).
Une vicaria est une forme de juridiction administrative et religieuse administrée par un viguier c’est à dire un juge dont les compétences varient selon les régions et les époques, de juge de cours d’assises à juge de paix rural.
En 1667, le Mas de Pradels est habité par les familles de Pierre Reynes et de François Poujol.
Ces familles disposaient de maisons d’habitation, casal, étable, jasse, four, vigne, jardin potager, genêtière, bois, source et aire de battage.
Aire de battage
Source et bassin
Une fois les céréales récoltées, elles étaient amenées à l'aire à battre ou aire de battage.
Ce sont des espaces plans, pavés de gros galets (ou de dalles) disposées selon un arc de cercle ou un plan rectangulaire.
On y frappe les gerbes pour dissocier le grain de la paille.
Plusieurs techniques sont employées :
- avec un outil (le fléau : deux morceaux de bois articulés avec une lanière de cuir)
- par le piétinement des chevaux et des bœufs.
- grâce à un rouleau de pierre tiré par les animaux.
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les aires à battre étaient souvent situées dans des espaces dégagés (sur les hauteur ou en marge des villages) car venait ensuite l'opération de "vannage" : le vent emportait les éléments les plus légers pour débarrasser les grains des restes de paille et de poussière.
Cette opération se faisait soit en lançant les graines en l'air avec une pelle, soit en les secouant dans un van (panier large à fond plat muni de deux anses).
Les Reynes sont originaires de Lauzières où Ambroise est plusieurs fois consul (qui avait une charge exclusivement fiscale).
En 1632, il est mêlé à la révolte du Duc de Montmorency contre Richelieu.
Ambroise et ses deux fils, Pierre et Jean, arrivent au début du 17ème siècle à Pradels où sept générations de Reynes vont se succéder.
En 1827, Pradels est toujours un domaine agricole composé de deux familles d’agriculteurs (Reynes et Poujol) qui vivent en autarcie en partageant le four et l’aire.
L’alimentation en eau se fait par une source.
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Four
La famille Vialhe, originaire de Montpaon, s’installe en 1881.
Ils ont deux filles et trois fils dont deux, Marius et Jules sont morts à la guerre de 1914-18.
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Le troisième fils, Hubert à fait souche à Pradels et reste encore dans la mémoire collective car il avait la particularité de chercher de l’eau avec un pendule.
Cet étrange comportement donna naissance à une légende qui relatait que Hubert cherchait un cheval d’or caché au Castellas…
Ce mystérieux et hypothétique cheval reste introuvable…
Un évènement romanesque, témoignage de la dureté de la vie à cette époque, se déroula à Pradels en 1773 concernant une vagabonde.
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« L’an 1773 et le 17ème Février est née et a été baptisée le lendemain dans l’église paroissiale de Mérifons, une fille née à Pradels, hameau de la présente paroisse, appartenant à une femme errante et vagabonde laquelle a dit s’appeler Cécile Delpon fille de Pierre Delpon du diocèse de Montauban et être la femme veuve aujourd’hui de Jean Laurens charpentier du lieu de Rabastens diocèse d’Albi, mort selon son rapport à l’hospice de Montpellier il y a quatre mois mais sans aucun certificat.
Le nom de l'enfant baptisé est Marianne, son parrain Jacques Poujol, ménager du lieu de Pradels et sa marraine, Marianne Debru femme de Antoine Raynal du lieu de Pradels »
Le terme "ménager" désigne le propriétaire tenancier de ses terres.
Abandonné vers 1950, le hameau millénaire est aujourd’hui restauré et se compose de plusieurs gîtes avec une large vue sur la vallée et les collines dont la tranquillité n’est perturbée que par le chant des oiseaux et des grillons...
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Sources : "Pierre Reynes, paysan du Salagou" par Francis Moreau
Communication privée des propriétaires
Archives Mairie de Mérifons.
Recensement du patrimoine bâti, grand site Salagou-Mourèze, 2013-2015
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Photos : A.Estève - Google Maps
IA : A.M.Delaisse
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons











Incarnation Avoisinante...
I A
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​​Le mas qui, à l’origine, était indépendant fait actuellement partie de Mas Canet.
Il comprend les premières maisons à droite à l’entrée du hameau.
Il porte le nom de son premier propriétaire, Duguiès, patronyme présent à Salasc au 17ème siècle.
C’était une famille de marchands et de notaires puis de chirurgiens et de militaires.
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Antoine Duguiès (de Salasc) épouse Dorothée Jean (de Soumont) en 1758.
Le couple s’établit à Mas Canet comme l’indique les actes de naissance des treize enfants (9 garçons et 4 filles) baptisés à Salasc.
Sept de ces enfants auront une descendance, nous relatons trois parcours :
- Jean Duguiès, né en 1811 s’engage dans l’armée.
Il est fusilier au 3ème bataillon du 59ème de ligne, 4ème compagnie et participe à la conquête de l’Algérie (1830-1847).
Le 59ème de ligne part de Toulon le 23 septembre 1833 et débarque sept jours plus tard en rade de Bougie.
L’expédition de Bougie est une bataille qui oppose les troupes françaises et la tribu kabyle des Mezzaia.
Les Français l’emportent en 1833 mais, en avril 1834, les combats reprennent pendant lesquels de nombreux soldats périssent.
Nous ne connaissons pas le parcours de Jean Duguiès qui décède à l’hôpital militaire de Bône le 23 juillet 1834 comme l’indique son acte de décès transcrit en octobre 1934.
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- Thérèse Duguiès est la dernière descendante recensée en 1911.
Après elle, le patronyme disparaît de Mérifons.
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- Prosper Crouzat, rebelle au tempérament sanguin dont voici le portrait :
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Né en 1811 à Salasc, Prosper est le fils de Pierre Crouzat (de Salasc), chirurgien, et de Henriette Duguiès, petite filles des fondateurs du Mas Duguiès.
C’est ce même chirurgien, Pierre, qui examina le berger Jean-Pierre Dur en août 1770 lors du conflit qui l’opposa à son agresseur (archives des cours de justice, jugement au château de Pézènes).
Prosper, lui aussi chirurgien, fut quelque temps éloigné de sa terre natale en raison de ses opinions politiques et de son caractère emporté.
Il est condamné le 19 octobre 1849 par le tribunal correctionnel de Lodève à six jours de prison pour outrage envers le maire de Salasc.
Il est à nouveau condamné le 2 février 1850 à 16 frs d’amende pour coups et blessures.
Ayant pris part au complot contre Napoléon, il est réputé dangereux en raison de sa correspondance avec les chefs de Paris.
En 1852, il est condamné à l’exil en Algérie.
Après un passage à la prison de Montpellier, il embarque le 25 février 1852 pour l’Algérie à bord du « Dauphin », bateau de marchandises.
Il est interné au camp de Birkadem dont voici la description faite par Emery Ronzier Joly, son camarade d’infortune, dans son journal de transportation :
« Le camp de Birkadem est bâti sur une petite colline au-dessus de la plaine de la Mitidja au-delà de laquelle on voit le point Atlas.
Le camp est un carré long ayant aussi dans son milieu quelques longues maisons; les chambres sont basses, humides et longues; elles ont deux rangées de hamacs, le toit revêt quelques planches mal jointes, de telle sorte que le matin, les vêtements sont mouillés.
… Crouzat est malade depuis quatre jours.
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D’un tempérament éminemment sanguin et irritable, sujet aux fluxions vers les parties supérieures pour lesquelles il avait été plusieurs fois saigné.
Il est encatarrhé à Alger à la suite d’un bain général ; il y avait, de plus, une grande fatigue; depuis quatre jours il se sentait brisé, avait une appétence et une céphalgie…
À tout cela nous ajouterons de l’irritation générale.»
Prosper est gracié par Napoléon III le 2 février 1853.
Son petit-fils, Pierre Prosper Eugène né à Médéa (Algérie) en 1870, fils de Alip de Maria Sandoz fut militaire.
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Le métier de barbier-chirurgien.
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Dans l’Antiquité les soignants étaient des fermier-guérisseur, serveuse-sage-femme, guerrier-chirurgien, rebouteux, herboriste…
La pratique médico-chirurgicale était un art public dans un marché libre et ouvert à tous.
Au Moyen-Âge cet art est pratiqué par les religieux et les clercs dans les couvents et les premiers hôpitaux.
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Le barbier-chirurgien était non seulement barbier (capable de raser de près, il pouvait effectuer de la petite chirurgie et des soins comme les saignées, la pose de ventouses ou les pansements) mais aussi chirurgien (médecin spécialiste en chirurgie).
Plus ou moins illettrés, ils avaient une réelle expérience acquise et transmissible. Il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études.
Il suffit de faire son apprentissage pour devenir maître et, à son tour, former des apprentis.
À partir de 14ème siècle les barbiers-chirurgiens traitent les accidents dus aux chutes de cheval, du travail agricole ou artisanal et les contusions et plaies par armes blanches ou à feu.
On mesure l’importance de ce métier dans les campagnes.
Ils traitent également les affections cutanées ainsi que les tumeurs ou gonflements à enlever par incision grâce à leur habileté à manier le rasoir.
Ils procédaient aux extractions dentaires.
Ils utilisaient des instruments (bistouris, cautères…) et des onguents, lotions et remèdes internes.
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Ces praticiens connaissaient leurs limites et des études ont montré que leur taux de létalité était relativement bas.
Au 17ème siècle les barbiers-chirurgiens tiennent boutique et sont constitués en communauté de métier.
À la fin du 17ème siècle, un édit royal sépare les chirurgiens (barbiers de longue robe) et les barbiers (barbiers de courte robe).
Les uns deviennent perruquiers profitant de la mode de la perruque.
Les autres deviennent chirurgiens, plus savants.
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Le début du 18ème siècle, grâce à Maréchal et à Lapeyronie (résidant à Montpellier) voit la création de la première École de Chirurgie puis de l’Académie et la fondation de la médecine moderne.
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Sources : Archives Mérifons
GREC no 32-33
Wikipédia
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Photos : Google Maps
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons


​​​​​« … dont on croit que Saint Fulcran a pris sa naissance... »
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Ce lieu se situe sur le chemin de Malavieille à Pradels, au bord du Lignous, près des vestiges d’un vieux moulin.
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Le compoix de 1667 mentionne une maison d’habitation, un casal, une ginestière, un patu, un herme, quatre champs et trois vignes.
Le mas, en ruine, fut vendu en 1693 au seigneur de Celier de Malavieille par les héritiers Aubouy.
En 1827, le cadastre napoléonien indique sur le plan, des vestiges d’un moulin et une chapelle et note sur le registre, une chapelle et des pâtures.
En 1802, le vicomte Amédée de Mostuejouls devient propriétaire par son mariage avec Henriette de Grandsaignes d’Hauterive.
Il construit une chapelle vers 1820 dédiée à Saint Fulcran.
On ne peut parler du mas de Lignous sans évoquer la naissance de Saint Fulcran (évêque de Lodève de 946 à 1006).
La tradition veut que celui-ci soit né au mas de Lignous mais aucun écrit ne confirme cet évènement.
Le seul document qui y fait allusion est écrit par l’évêque Plantavit de la Pause lors d’une visite pastorale en 1631 et il ne s’agit que d’une supposition : « … dont on croit que Saint Fulcran a pris sa naissance... »
Quoiqu’il en soit, la naissance de Saint Fulcran, légende ou réalité, restera à jamais liée au mas de Lignous.
À une époque où la religion catholique a besoin d’asseoir sa prévalence, il est aisé de voir dans ce non-évènement l’allégorie de la naissance du Christ (étable /moulin).
La non-naissance de Saint Fulcran peut être considérée comme un fait historique car elle illustre la nécessité, à ce moment-là, de renforcer le pouvoir local de l’évêque.
Quant au baptême de Saint Fulcran, qui aurait eu lieu à Mérifons, aucun écrit ne le confirme.
Nous ne connaissons pas la date de son baptême.
Cette tradition atteste de l’importance de la dévotion de ses fidèles.
En 1631, Plantavit de la Pause décrit l’église Saint Pierre avec sa chapelle Saint Blaise mais ne cite pas de chapelle au bord du Lignous.
Deux siècles après, le cadastre de 1827 mentionne une "chapelle" construite sur la propriété de Amédée de Mostuejouls, seigneur de Malavieille.
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La construction de cette chapelle est une initiative privée d’un ultra-royaliste et fervent catholique s’appuyant sur la vague de renouveau de la dévotion à Saint Fulcran impulsée par Mgr Rollet et poursuivit par son successeur, Mgr Fournier.
Peut-être a-t-il voulu racheter la faute de son ancêtre, Claude de Narbonne, coseigneur de Malavieille qui soutint le dépeçage du corps de Saint Fulcran en 1573 ?
Ainsi, la naissance de Saint Fulcran au mas de Lignous serait bien une légende née au 19ème siècle attestant l’importance accordée par ses fidèles à ce patron religieux incontesté du Lodévois.
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Auprès de la chapelle, on peut apercevoir une petite construction en pierre, voutée en berceau, fermée par une grille et recensée comme un oratoire.
Dans l'oratoire se trouvent un petit hôtel et un rondin de bois pour s'assoir et prier.
Vers 1860, on planta le chêne symbolique apparu en songe à Eustorgie, maire de Saint Fulcran, Présageant un fils tout puissant...
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Sources : Archives Mérifons
Visites pastorales de Jean de Plantavit de la Pause, 1631
Recensement du patrimoine bâti, Grand site Salagou-Mourèze, 2013-2015
Les amis du Lodévois "Mérifons en Languedoc", 1985
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Photos : C.Rollet et A.Estève
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons





​Dès 884, le cartulaire de Lodève cite Canetum étroitement associé à Salasc.
​Par la suite, Mas Canet se serait développé par l’arrivée de la population qui a déserté le castrum de Malavieille à la fin du 14ème et début du 15ème siècle.
À ce moment-là, le territoire était géré par la famille Clermont-Nigri, ce qui expliquerait le nom de Canet "le Noir" donné au hameau à cette époque.
Bien plus tard, il s’est appelé Mas Canet pour le différencier de Canet d’Hérault.
Au 17ème siècle c’est le hameau le plus peuplé.
Au 18ème siècle, Mas Canet dépend de la paroisse de Salasc, alors principale commune du territoire.
Les terres autour de Mas Canet appartiennent et étaient cultivées principalement par des salascois.
Par la suite, les terres salascoises surplombant Mas Canet sont entrées dans la communauté de Mas Canet et donc de Mérifons.
Le hameau de Mas Canet est formé d’un accolement de maisons les unes aux autres au fur et à mesure que les nouveaux venus s’installaient, donnant à l’ensemble une allure de village plutôt que de ferme.
C’est le seul de nos hameaux construit de la sorte.
- En 1665 on recense 6 propriétaires habitant le hameau (Raymond, Valhé, Bouissière, Pujol et deux Gascou).
- En 1825, sont cités 7 propriétaires dont Jean Teissié, négociant en vins à Lodève.
- En 1913, on compte 9 propriétaires ( Baume, Bousquet, Brandier, Granier, Priou, Vergnes, Duguiès et deux Rocassel).
On assiste à la fin du 19ème et au début du 20ème siècle à l’essor de la viticulture.
Les habitants sont, non seulement des propriétaires, mais également les employés et leurs familles.
L’annuaire des vins mentionne les volumes de vin produits, par exemple :
- en 1910, 400 Hl chez Granier et 450 Hl chez Rey
- en 1930, 400 Hl chez Tramblay et 500 Hl chez Baumes
Les cépages cultivés étaient l’Aramon, l’Oeillade, le Cardinal, le Servent et l’Alphonse Lavallée.
Des immigrés italiens, essentiellement charbonniers, vivaient dans les bois.
On peut, encore aujourd’hui, observer les emplacements noircis des charbonnières.
Le four à pain permettait la cuisson collective du pain.
Les habitants se succédaient pour profiter de la chaleur du four et faisaient cuire le pain à tour de rôle les uns pour les autres.
Il faut savoir qu'avant la Révolution, la plupart des fours à pain étaient des fours seigneuriaux, dits "banaux", dont l'usage était obligatoire et taxé.
Ce privilège a été aboli en 1793 et l'utilisation des fours devint libre de toute redevance.
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L'entrée du four, se nomme la "gueule"; derrière, la "sole" est surmontée d'une voute en queue de four, tapissée à l'intérieur de briques réfractaires.
Le four à pain était un lieu de sociabilité important dans les villages tout comme les lavoirs.
On pouvait y récupérer les braises pour allumer le feu chez soi et les cendres froides servaient pour la lessive.
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Au début des années 1960, la mise en service d’un puit artésien permet au hameau de se développer en acceptant de nouvelles maisons.
Les "Vents chantants" est la première maison moderne.
Au fur et à mesure des constructions, l’espace entre le Mas Canet et le Mas Duguiès s’étoffe supprimant la différenciation entre les deux mas.
À partir de ce moment, Mas Canet poursuit son extension, devenant le hameau le plus peuplé de "l’archipel".
L’installation d’un forage d’eau brute va également dans le sens du développement du hameau.
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Depuis la Révolution, et ce, pendant deux siècles, les cérémonies civiles et les démarches administratives de déroulaient, soit au domicile du maire, soit chez l’habitant.
Cet état de fait donnait lieu à des anecdotes cocasses comme un mariage dans son propre salon, par exemple.
Les archives se déplaçaient du domicile du maire à celui du maire suivant, pour revenir au précédent en toute confiance et bonne coopération suivant le résultat des élections.
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Au début des années 1990, la municipalité, grâce à des subventions tombées opportunément, décida de construire une salle polyvalente qui fera office de mairie, faisant de Mérifons la plus jeune mairie de la région !
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Sources : Jean Loup Abbé, diverses publications
Ernest Martin, "Le cartulaire de Lodève"
Archives de Mérifons
M.A.S des Terres Rouges, "La commune de Mérifons"
Photos : A.Estève - Gustave Tramblay , Collection Bérard
IA : A.M. Delaisse
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons







Imparfaitement Approchant...
Interprétation Ambitieuse...
I A
I A
HISTOIRE
Ces hameaux qui constituent la commune de Mérifons

OU "FERME DE VILLETELLE"
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Bien que située sur la commune de Brenas, l’évocation de cette ferme est pertinente tant les interconnections avec Mérifons existent aussi bien dans les temps anciens que de nos jours.
Géographiquement, Villetelle est plus proche de la Lieude ou de Mas Canet que de Brenas.
C’est donc tout naturellement que ses habitants se tournent vers Mérifons pour des raisons diverses comme les cérémonies religieuses, les travaux agricoles, etc.
La ferme serait située sur le chemin antique (reliant Nîmes à Toulouse) de "vieille Toulouse" qui, de Clermont l’Hérault, par Mourèze, Salasc, Mas Canet arrivait à La Lieude avant de rejoindre le col de la Merquière.
L’étymologie nous conduit à deux hypothèses :
- villa tegula qui signifie "lieu où l’on fabrique des tuiles" aucun vestige sur place ne confirme cette hypothèse.
- villa vetula qui signifie "maison ancienne" on trouve sur place des vestiges de murs datant du 15ème siècle.
- pourrait dériver de l'ancien toponyme "villa cella".
D’après le compoix, en 1667, Villetelle appartient aux héritiers d’Estienne Courrège et comprend un bois de chênes, trois champs et des oliviers.
La présence de bâtiments n’est pas mentionnée.
Cependant, le bâtiment abritant la bergerie daterait du 17ème siècle.
C’est le résultat de l’architecture vernaculaire dont la caractéristique est de mettre en œuvre des techniques traditionnelles .
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On n'employait pas de maçon, pas d’architecte, pas d’ingénieur mais beaucoup de "bras" résidant, en général, à la ferme ou ses environs et des matériaux simples disponibles sur place.
C’est l’architecture des gens en opposition à l’architecture pour les gens (avec intervention d’architecte).
Pour réaliser cette construction, on amassait du remblai : cailloux, terre, bois, toutes sortes de déchets de construction jusqu’au niveau désiré qui sera le niveau de la voûte et lui donnera sa forme.
Puis, on banchait avec du bois, ce qui laissera les empreintes des planches.
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Ensuite, on coulait du tout-venant avec un mortier de chaux .
Une fois l’ouvrage sec, on enlevait le remblai au-dessous, dégageant ainsi la pièce désirée.
Il n’y a donc pas de clef de voûte.
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​À partir de 1732, les registres paroissiaux nous renseignent sur les habitants qui se sont succédé.
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« En 1732, naissance à Villetelle de Romiguières …….. »
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« Le 22 octobre 1743, décès de Élisabeth Romiguières du lieu de Villetelle, ensevelie sur la paroisse de Mérifons. »
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« Le 27 janvier 1750, mariage de Joseph Bécat et Anne Romiguières, habitants du mas de Villetelle. »
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​« Le 19 août 1752, baptême et mort du fils de Joseph Bécat et Anne Romiguières du lieu de Villetelle. »
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​​​​​​« En octobre 1747, trois habitants de Villetelle décèdent et sont enterrés à Mérifons.
Il s’agit d’Élisabeth et Pierre Romiguières, sœur et fils de François Romiguières, procureur juridictionnel de la terre de Malavieille et du berger Antoine Goudal. »
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À cette époque, Villetelle dépend donc du seigneur de Malavieille.
Le procureur juridictionnel du seigneur représente celui-ci en matière de justice seigneuriale qui a une importance primordiale au sein du village et se caractérise par une délégation du pouvoir royal à ce seigneur.
La justice seigneuriale arbitre d’une part, les conflits entre les paysans et, d’autre part, ceux entre ces derniers et le seigneur.
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Elle rend un grand service dans les campagnes car elle est rapide, accessible aux justiciables, peu coûteuse et équitable.
On l’appellerait, de nos jours, une justice de proximité.
Il faut savoir que le seigneur a aussi un rôle de police administrative concernant les poids et mesures, la voirie, le contrôle des prix, les marchés, le fermage et les droits de passage.
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De 1841 à 1926, Villetelle est exploitée par cinq fermiers différents.
L’activité agricole évolue depuis l’élevage d’ovins jusqu’à la viticulture.
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À partir de 1832, Villetelle change cinq fois de propriétaire jusqu’en 1896 où elle devint la propriété de Pierre Auguste Rey (courtier d’assurance maritime et agent de change), fils d'Auguste Rey, ancien notaire à Clermont l'Hérault et propriétaire à Mas Canet.
En 1881, la sœur de Pierre Auguste Rey, Augustine, épousa Gustave Tramblay (1855-1918), passionné d’astronomie et de photographie.
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Son petit-fils, Pierre Bérard, docteur en géologie, publia notamment en 1986 une thèse sur les plus anciens et intéressants fossiles de l’Hérault, les Trilobites.
Les premiers spécimens de cet arthropode marin ont été récoltés dans les environs de Cabrières.
La fille de Pierre Bérard, Marie-Claude Pinault-Bérard, secrétaire de la section languedocienne de l’Institut international des études ligures fut nommée en 1961 conservatrice du musée de Lodève fondé en 1956 par Jacques Audibert, archéologue au CNRS.
Il fut le premier conservateur en 1959 et s’attela, avec Charles Bessière, lodévois passionné d’archéologie, au montage de ce premier musée.
Suite au décès prématuré de Jacques Audibert en 1960 à seulement 32 ans, Marie-Claude Pinault-Bérard, avec l’aide de Charles Bessière, se consacra à l’installation et présentation des échantillonnages archéologiques et paléontologiques dont plusieurs vitrines sont consacrées à la collection privée de Jacques Audibert dans l’ancienne chapelle des Carmes à l’entrée de Lodève.
Après restauration respectueuse du bâtiment, la ferme de Villetelle est la résidence secondaire des descendants de la famille Rey-Tramblay.
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Sources : Archives famille Rollet-Bérard
Archives mairie de Mérifons
Communication personnelle Philippe Martin
Communication personnelle Richard Bavoillot-Laussade
Les amis du Lodévois "Mérifons en Languedoc", 1985
Photos : G.Tramblay
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Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons






En cours de rédaction
Ici, c'est Mérifons !
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Un portrait de notre commune
Au centre du département de l‘Hérault, Mérifons déploie cinq îlots d’habitations dispersés sur une étendue de 6,74 km² aux couleurs dominantes : verte, rouge et noir.
Paradis des géologues, située à mi-chemin entre les Pyrénées et les Alpes, cette surface de ruffe et de basalte offre des paysages à couper le souffle, évoquant les canyons d’Amérique du Nord.
Au milieu de la commune, l’église Saint Pierre fait le lien entre tous les hameaux : Malavieille et le Moulinas, Pradels, La Lieude, la ferme de Mérifons, Mas Canet et le Mas Duguiès, et enfin le Castellas.
Mérifons se trouve en site classé (Vallée et lac du Salagou).
Une partie de Mas Canet est en site inscrit.
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L'architecture des hameaux présente des caractéristiques agricoles.
Les maisons combinent sous un même toit les espaces d'habitation au premier étage, les activités agricoles (caves, bergeries, ateliers, etc.) au rez-de-chaussée, voutées en berceau.
Le plus souvent, le séchage et le stockage des fourrages se faisaient sous les combles.
D'autres éléments reflètent cette vocation agricole : four à pain, pigeonnier (celui de Mas Canet a été réhabilité en local technique pour la commune), caves, aire de battage, granges, remises, etc.
La commune est traversée par plusieurs cours d‘eau dont le Salagou et ses affluents.
Parmi eux, le Rieu Peyre, le Lignous, le Rieufrech, l'Estagnac, le Tau et le Rui des grottes.
Le Salagou (anciennement Salaou, de "sala", source) prend sa source au sud-est du col de la Merquière (dédié à Mercure, dieu des voyageurs) à 356 m d’altitude sur la commune de Brenas.
Il est l’affluent de la Lergue.
D’une longueur totale de 20.8 km, il a donné son nom au lac éponyme créé par le barrage édifié sur son cours dans les années 1964 à 1969.
Le Salagou et ses affluents drainent l'eau de cette vallée.
Le moindre orage emporte la terre rouge qui colore leurs eaux en rouge sang.
Le lac absorbe progressivement ce flux coloré : une sorte de langue ocre avance lentement, ainsi, peu à peu le lac change de robe puis va teinter la Lergue et même l'Hérault.
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La colline centrale de la Boutine (nombril en occitan) culmine à 421 m et sépare les deux fermes de Pradels et de Mérifons.
Le roc basaltique de Peyre Nègre, couronné par les ruines du château, surplombe la vallée.
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Le château de Malavieille datant du 11ème siècle, cité sous le nom de Malvilar en 922 et castrum de Malvilar en 1098, porte le nom de Castellas (ou Castelas) depuis qu‘il est en ruines.
Le promeneur, du haut de ce belvédère, découvre du sud à l'ouest un paysage magnifique fait de collines, de cols, de plaines, de rochers où jouent les teintes des divers âges géologiques, les ombres et les lumières.
Côté est, les synclinaux sont un émerveillement vertigineux.
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Au pied du Castellas, la dalle paléontologique de la Lieude présente les premières traces fossilisées de vie présentes à Mérifons.
Il s‘agit de quatre reptiles mammaliens ou thérapsides (nos ancêtres directs) qui ont laissé 951 empreintes il y a environ 270 millions d’années.
L’un des reptiles porte le nom de Lunaepes ollierorum en l‘honneur de la famille Ollier, résidant à la Lieude depuis toujours, qui céda le terrain concerné à la Société de Protection de la Nature du Languedoc-Roussillon.
Le nom de Merifontichnus thalerius a été donné à une autre espèce en l’honneur du village.
Désormais propriété du département de l'Hérault, ce site unique présente un intérêt international et a toute sa place dans le Géoparc Terres d’Hérault dont le label Géoparc mondial UNESCO est en cours d’instruction.
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L’église St Pierre, presque millénaire a resurgit plusieurs fois de ses ruines grâce à la volonté humaine et fait, en ce moment, l’objet de travaux de conservation.
Ce n’est pas le cas d’une autre petite église à l’architecture pré-romane, Notre-Dame du Bosc, complètement en ruines située entre Villetelle et Mas Canet au milieu de la végétation qui a eu raison d’elle.
Juste à côté, est planté un menhir remarquable par sa forme, sa taille et sa couleur (43°37’28’’N - 3°16’26’’E).
Sur le chemin de Malavieille à Pradels, au Moulinas, se trouvent les ruines d’un moulin au bord du Lignous, les vestiges d’une vieille construction que la tradition signale comme le lieu de naissance de Saint Fulcran (évêque de Lodève de 949 à 1006) et une chapelle qui était la propriété du vicomte de Mostuejouls fin 1820 puis de Pierre Rossignol.
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Selon les recensements de 1841 (77 habitants) et de 1936 (72 habitants) on constate que Mas Canet est, le plus souvent, le hameau le plus peuplé.
Depuis 1999 la population de Mérifons a doublé pour atteindre 62 habitants au recensement de 2023 (chiffres INSEE).
Poursuivre une scolarité à Mérifons a toujours constitué une difficulté en raison de l’habitat très dispersé responsable du temps passé sur les chemins de l’école.
De plus, le recrutement de l’instituteur dans le campagnes n’était pas aisé et la commune, pauvre, avait peine à le rémunérer.
Pendant tout le 19ème siècle la commune a connu une succession de périodes avec et sans école.
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Les écoliers se reconnaîtront...
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En 1909 une volonté municipale de construction d'une école à Malavieille n’aboutit pas, soit par manque d’argent, soit par manque d’élèves.
C’est une maison louée à Mas Canet qui accueille les enfants.
La disparition définitive de l’école se produit dans les années 60.
Actuellement les enfants sont scolarisés dans le regroupement pédagogique de Octon-Salasc et bénéficient du ramassage scolaire.
Avant la Révolution, les naissances, les mariages et les décès étaient répertoriés dans les registres paroissiaux par les prêtres.
Après la dissolution de la seigneurie, la commune prend le nom de Mérifons.
La municipalité se met en place avec son maire et ses conseillers.
En absence de mairie ou de maison commune, les réunions et les célébrations civiles se déroulent dans l’habitation privée du maire (parfois chez les habitants eux même) où sont déposés les documents officiels.
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Ainsi, pendant deux siècles, les documents se déplacèrent de la Lieude (chez monsieur Ollier) à Malavieille (chez monsieur Lacas).
Cette situation perdura jusqu’en 1989, date à laquelle un citoyen de Mas Canet, Daniel Viala, fut élu maire.
Deux ans plus tard, la décision a été prise de construire une salle communale qui fera office de mairie.
En 1993, le drapeau tricolore et le buste de Marianne (sculpture de Roger Louis Chavanon 1937-2010) complètent le mobilier républicain.
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La mise en service du puit artésien de Mas Canet en 1963 marque le début de l’urbanisation, vingt constructions voient le jour en trente ans.
L’augmentation de la population à partir des années 2000 pourrait être la résultante de l’implantation de l’A75, autoroute gratuite permettant l’accès à ce lieu hautement touristique.
Actuellement le nombre de résidences secondaires est supérieur à celui des résidences à l’année.
Jusqu'au 11 novembre 2014, date de son inauguration, la commune n'avait pas de monument aux morts.
Or, deux de ses enfants, Marius et Jules Viales, sont tombés au Champ d'Honneur pendant la première guerre mondiale.
La municipalité a décidé d'honorer la mémoire de ces deux combattants en érigeant un monument à l'occasion du centenaire du déclenchement des hostilités.
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Mérifons est une terre d’élevage et de culture abritant la famille de Florence et Luc à la ferme avec les brebis Rouges du Roussillon et les cochons de race Duroc, ainsi qu’Érik et ses vaches de race Salers à Mas Canet.
​ - Mérifons est une terre de viticulture avec les familles de David à Mas Canet et de Benoit à Malavieille.
- Mérifons est une terre d’entreprise avec Lionel, exploitant une scierie à Mas Canet.
- Mérifons est aussi une terre de tourisme proposant des gîtes ruraux à Pradels et Mas Canet.
Mérifons, ce curieux village en "archipel", est témoin qu’un territoire peut exister et s’enrichir grâce au brassement de la population toujours en mouvement et douée de facultés d’adaptation permanente.
Mérifons ou Malavieille ?
Pourquoi la commune, au lieu de porter le nom de Malavieille qui rappellerait son passé, se nomme-t-elle Mérifons ?
Historiquement, la première mention du village est le nom de la paroisse : St Pierre de Mérifons.
Plus tard, la communauté d’habitants prend le nom de la seigneurie en place : Malavieille.
En 1793, le village reprend son nom d’origine : Mérifons.
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Sources : Le M.A.S des Terres rouges, 2013, La commune de Mérifons.
Planet Terre "Empreintes de reptiles du Permien supérieur du Languedoc" par Pierre Thomas.
Archives mairie de Mérifons.
Wikipédia.
Les amis du Lodévois "Mérifons en Languedoc", 1985
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Photos : A.Estève
IA : A-M.Delaisse
Brigitte Saint-Pierre, passeuse de mémoire
Alexandrine Estève, habitante de Mérifons







Interprétation Approximative...
I A
